Mon premier triathlon : Paris 2015. Entre doute et réussite.

C'est bon, j'y suis enfin, nous sommes le 3 juillet 2015 et dans 48h je vais m'aligner sur mon premier triathlon. J'ai choisi le triathlon de Paris pour m'essayer à la discipline. J'attends ce moment avec impatience depuis que je me suis lancé le défi de faire l'Ironman France-Nice 2016.

Les distances que j'aurai à parcourir n'ont rien à voir avec celles d'un Ironman (3.8km swim, 180.2 bike, 42.195km run), dimanche, ce sera donc 1500 mètres de nage dans le lac de la base de loisir de Choisy-le-Roi, 40km de cyclisme au cœur de la capitale et pour finir 10km de course à pied au niveau de la Tour Eiffel. Un beau petit programme. En voici le récit.

Aujourd'hui je dois récupérer mon dossard et déposer mes affaires de course à pied au stade Emile Anthoine, situé à côté de la Dame de Fer. J'ai l'occasion de croiser de nombreux athlètes que je retrouverai dans deux jours. L'ambiance est détendue, amicale et tout le monde parle de la même chose : l'interdiction du port de la combinaison sur la partie natation. La canicule de ces derniers jours a réchauffé l'eau à des températures supérieures à 24°c, le règlement nous interdit alors de nager en combinaison. Hormis le fait qu’elle nous tient chaud, la combi permet d'améliorer notre flottaison et par conséquent elle facilite le travail dans l'eau. Les mauvais nageurs seront donc pénalisés le jour de la course. Je manque d'entrainement en natation, cette information me laisse perplexe.

Samedi 4 juillet, veille de course. Dernière sortie cyclopédique pour faire tourner les jambes tout en souplesse, achat de gels énergétiques, vérification des affaires de natation, préparation du sac de transition T1 (natation-vélo) et..... Petite sieste.

A 19h, j'apporte mon biclou au parc à vélo où il doit gentiment passer la nuit avec 3000 de ses congénères. Je profite d'être sur place pour me familiariser avec mon futur terrain de jeu.

Dimanche 5 juillet, Race-Day.

Réveil à 6h afin de bien assimiler mon petit déjeuné, un bol de riz. Je vérifie que j'ai bien toutes mes affaires, juste ce qu'il faut de stress et en route! Le RER qui m'emmène à Choisy-le-Roi est rempli de triathlètes, l'atmosphère est festive et concentrée.

Une fois arrivé sur place, je me dirige vers mon emplacement dans le parc. Mon vélo est bien là, il a l'air gonflé à bloc, tout comme moi d'ailleurs. Je me sens plutôt confiant. Les petits messages d’encouragements vus avant de ranger mon téléphone m'ont bien motivé. Je prépare mes affaires de transition natation-vélo (T1) avant de me diriger vers la ligne de départ.

Je commence à m'échauffer en imitant certains triathlètes, je tourne les bras, je m'étire légèrement et je me concentre petit à petit. Je partirai dans la deuxième vague (il y en a quatre),  je n'ai qu'une envie, c'est que le la course démarre.

9h08, ON your marks, set, pichhhhhh !!! Le coup d'envoi est donné. je pousse fort l'eau et je bats des jambes pour m'extraire rapidement de la marée de 700 nageurs. Je crawl bien large pour me protéger le visage des coups et faire ma place. Je n'ai jamais fait 1500 mètres en lac et d'une seule traite. Je ne sais donc pas comment je vais réagir. Je décide de rester prudent. Je récupère un nageur qui bat des jambes et qui a l'air de bien avancer. Je me mets dans ses pieds pour m'économiser. Je le suivrai jusqu'à la fin de la partie natation. A la sortie de l'eau je me sens très bien, et pas du tout entamé, tout s’est passé beaucoup plus vite que ce à quoi je m'attendais. Je me dis que je dois avoir un chrono qui avoisine les trente minutes... mais finalement non... 24min57 au GPS (193ème temps), je suis surpris et très heureux.

J'essaye de faire une transition rapide tout en restant lucide. Je récupère mon vélo et je m'élance sur le parcours de 40km.

Je me sens tout de suite à l'aise. J'attaque avec précaution les quelques premiers virages avant de me mettre en position aérodynamique pour rattraper rapidement un peloton qui roule fort 400 mètres devant. Une fois à sa hauteur, je m'y glisse pour me protéger du vent. On roule à une vitesse avoisinant les 41km/h. Au bout de 10km, notre paquet s'est réduit de moitié, nous ne sommes plus que sept ou huit. Je prends un relais et me retrouve en tête de groupe. L'avantage à cette place c'est que l'on ne risque pas de se faire faucher par les gars de devant si jamais ils chutent. L'inconvénient c'est que seul, face au vent, il faut appuyer fort sur les pédales pour maintenir l'allure, très fort... Même trop fort pour moi, je retourne donc me cacher derrière les autres (hé oui, je ne suis pas fou...).

Mais finalement, se cacher n'est pas forcément la meilleure des idées. En sortant du tunnel du Pont de l'Alma, un peloton nous double sans voir que la route se resserre. Là, c'est le drame. Le cycliste en tête de mon groupe reçoit un coup d'épaule, et puis... c'est ce qu'on appelle jouer aux dominos... Sauf que là le jeu n'est pas drôle du tout. A 40km/h, la chute est inévitable. J'ai à peine le temps de me dire "mais non, ça ne m'arrive pas" que je suis déjà en train de faire un triple salto vrillé avec atterrissage sur un tapis de vélo et de bitume. J'entends des cris, des fracas de mécanique, je me relève et constate que j'ai eu beaucoup de chance. Je n'ai que quelques égratignures contrairement à certains qui sont vraiment mal en point. Bien heureusement ils sont tout de suite prit en charge par les secours.

C'est un moment de confusion général, où chacun ne pense qu'à repartir le plus rapidement possible. Je cherche mon vélo dans le tas sur la route, et comment dire... c'est un peu comme à une tombola, tu emportes ce que tu trouves. Des bidons à droite, des pompes à gauche, le bazard total. Je récupère mon biclou et me rends compte avec stupeur qu'il ne roule pas. Un rayon a sauté et empêche ma roue avant de tourner. Mes roues avant est arrière sont voilées, mon cintre est de travers, et j'ai déraillé. "Ce n’est pas vrai, mon premier triathlon je vais être obligé d'abandonner, mais non ce n'est pas possible".

A ce moment-là, un membre de l'organisation vient m'aider. Il me demande de vérifier si je ne suis pas touché physiquement par la chute, pendant que lui, fait son possible pour "réparer" ce qui est réparable avec les moyens du bord. Il entortille mon rayon cassé autour d'un autre. Mais pour mes roues voilées et mon cintre de travers on ne peut rien faire sur place. Il me souhaite bonne chance pour la suite avant de me laisser repartir (s'il lit se récit de course, je tiens à le remercier énormément car sans lui je ne serai peut-être jamais reparti). Il me reste donc 20km à parcourir, je me dis que ça va être long. Je prends un gel énergétique pour me remonter le moral et mon taux de sucre par la même occasion. J’adopte une position aérodynamique pas très académique pour gagner un peu de temps malgré ma roue qui me freine considérablement. Je ne peux pas me permettre de rouler en peloton  avec un vélo dans cet état. J'ai beau écraser un peu fort les pédales, je ne dépasse pas les 33km/h et de nombreux pelotons me dépassent, c'est extrêmement frustrant. Je n'ai qu'une envie, c'est arriver à la Tour Eiffel et poser mon vélo. Je terminerai donc le vélo en 1h17 soit le 1625ème chrono de l'édition 2015 de triathlon de Paris.

Je fais une transition assez lente, je ne trouve pas tout de suite mon sac T2. Finalement un bénévole m'aide à le récupérer (je sais, je suis un assisté), j'enfile mes running sans les chaussettes et en avant pour le 10km.

Les jambes sont toujours là, le moral est revenu, je suis contents d'avoir pu poser le vélo, et 10km je connais bien, je reste confiant. Je pars sur du 13,5km/h sur les deux premières bornes avant d'accélérer petit à petit vers du 15, 15,5km/h. Je reprends pas mal de monde, c'est un sentiment grisant qui me pousse à courir de plus en plus vite. Au 7ème kilomètre j'ai établi une vitesse de croisière légèrement supérieure à 16 km/h. Plus que trois kilomètres, c'est bon je suis sur la bonne voie.... En fait non, heureuse surprise, le parcours ne fait pas 10km mais seulement 8,9km. Je passe la finishline située sur la piste d'athlétisme du stade Emile Anthoine... oufffff, j'ai terminé mon premier triathlon. Mon temps en course à pied 36min54 et mon temps final 2h25.

Post-race,

C'était une belle fête où j'ai rencontré des gens très sympas qui se reconnaîtront certainement. Le ravitaillement à l'arrivée était juste topissime et ça c'est important pour la récupération.

Malgré la chute et ses déboires je suis satisfait de ma course. Bien que j'ai énormément de progrès et de travail à faire, je me suis senti bien du début à la fin. Je n'ai jamais été dans le rouge et surtout j'ai adoré ça. C'est très encourageant, cette course m'a encore plus motivé pour mes échéances à venir au premier rang desquelles le triathlon XL de Gérardmer (distance half-ironman) le 5 septembre prochain.

On se retrouve très vite pour d'autres aventures, d'ici là, c'est l'été, il fait chaud, il fait beau alors on en profite pour s'entrainer dur et être au top pour les rendez-vous de la saison!!

Ciaaaooooooooo

 

Alex

 

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